LES ARTICLES DE SPICA SUR L'ASTRONOMIE
Et fiat Lux … Optica simplex  
 
L’origine de notre univers serait, selon certains savants il y a un demi siècle, issue d’une explosion de lumière. Alors, qu’est donc cette lumière ? Comment la décrire ? De plus, elle nous concerne particulièrement, car c’est aussi l’une des origines de nos cinq sens, celle de la vision ! Oui, la vision des bien-voyants et des non-voyants, la perception de la lumière, par sa couleur et sa chaleur, et de son interprétation, par le monde des images. La lumière fut pendant plusieurs siècles sujette à diverses théories tout aussi perspicaces que loufoques, fleurtant avec les lois de la mécanique, telles des billes sur une table de billard, ondulant comme des vagues autour d’un caillou lancé dans une mare, ou même courant plus vite que son ombre, mais … tout cela n’est qu‘un relatif concept d’énergie ! Le but de cet article, ou plutôt de cette suite d’articles, si l’opportunité nous est donnée de continuer, est de présenter succinctement ces diverses théories, et de les résumer si bien que mal afin que chacun de nos lecteurs s ‘y retrouve. Nous ne ferons pas ici un historique de la lumière et de l'optique mais plutôt un tour d'horizon non exhaustif de différents aspects de la lumière. Sans essayer de devenir des spécialistes du rayonnement électromagnétique, il nous semble important pour notre lecteur de bien cerner et comprendre les fondements matérialistes ou plus abstraits de ce domaine de la physique, qui nous est si cher. 
 
Avant toute idéalisation excessive, il faut souligner que les Sciences ne peuvent avoir la prétention d’expliquer quelque phénomène physique que se soit, mais se contentent de les décrire par des lois empiriques ou plus conceptuelles, s’aidant au détour d’un problème soulevé, d’une armada d’équations qui dans bien des cas restent impossibles à résoudre directement ... Il faut vous y faire: même la bonne vieille loi d’électricité U = R x I est au départ une loi expérimentale qui détermine la tension électrique d'une ampoule relié à un fil à partir de la quantité d’électricité qui traverse ce fil, assez fin pour s’opposer à ce mouvement. Mais cette loi n’explique en rien ni pourquoi ni comment cela se fait.  
 
C'est aussi pour cela qu’en particulier l'optique, partie d'un ensemble plus grand visant à une meilleure appréhension de notre environnement lumineux, se cantonne au domaine précis de la Science consacré à l’étude des propriétés de la lumière, et qu’il faut se lancer dans la résolution d’équations du mouvement de pendules et de cordes oscillantes pour tenter de décrire les propriétés ondulatoires de la lumière , ou alors parcourir un ouvrage de physique stellaire pour s’apercevoir que lumière et chaleur sont étroitement liées, ou bien encore se pencher sur l’électromagnétisme dynamique quantique pour décrie l’interaction entre la lumière et la matière, dans plus profonds retranchements, le monde des particules élémentaires. Mais voici combien de sujets forts intéressants, aussi compliqués à traiter et à présenter. C’est pourtant notre défi, celui de présenter clairement quelques uns de ces différents thèmes ! 
 
Aussi, dans un premier temps, nous tenterons de vous présenter les rudiments de ce que nous pensons important quand on commence à étudier le ciel, à travers une paire de jumelles ou d’un télescope, à faire de la photographie, ainsi que de pouvoir réfléchir à deux fois quand on a devant soi une espèce de soucoupe volante camouflée qui tire en l’air des faisceaux lumineux dans la nuit, ou quand l’autoroute plonge dans un lac alors que nous partons à la mer, quand le soleil rougeoie le soir, comme s’il rejoint sa belle.  
 
Tout cela est prometteur et nous espérons trouver d’ici le prochain numéro de SPICA news des arguments de choc pour vous faire apprécier les jeux de lumière à leur juste valeur. 
 
 
Les noms des étoiles 
 
Après la soirée d’observation du ciel 2002, j’ai voulu m’intéresser de plus près à l’origine des désignations des constellations : littéraire dans l’âme, je me suis donc plongée dans les livres (comme j’en ai l’habitude) pour y trouver des réponses… 
 
Pour commencer, c’est à partir du latin que le terme contemporain ‹constellation› a débuté son évolution : d’abord sous une forme composée (cum+stella), puis sous la forme ‹constellatio›, qui signifie « position des astres » ou « état du ciel ». Après avoir connu plusieurs graphies comme ‹constellacion› (1265), l’orthographe du nom a enfin été consignée telle que nous la connaissons aujourd’hui, à partir du XVIe siècle. 
Ensuite, en levant les yeux vers la voûte céleste, il n’est pas surprenant de penser qu’à une époque plus reculée, donner un nom à une étoile permettait tout simplement de la différencier des autres. Et il semble vrai que, pour une étude plus méthodique du ciel, il est indispensable de s’y créer des repères. Déjà l’astronome grec Hipparque avait dressé un catalogue d’étoiles classées en échelle de grandeur, allant de 1 à 6. Ainsi, les étoiles ont été désignées par une lettre grecque : l’étoile la plus brillante de la constellation recevant la lettre Alpha, la suivante la lettre Bêta, etc. Par la suite, les civilisations anciennes ont reconnu des systèmes stellaires présentant quelque ressemblance avec des créatures mythologiques (Pégase, le Centaure), des héros légendaires (Hercule) ou encore des objets usuels : par exemple, le chariot ou la casserole de la Grande Ourse, qui est une forme aisément repérable dans notre hémisphère. Les étoiles ont donc été regroupées en 88 constellations. Celles-ci portaient des noms latins, dont sont issus leurs noms usuels : Ursa major est devenu la Grande Ourse, Virgo la Vierge, Andromeda Andromède, et ainsi de suite… 
A parler du latin, il conviendrait de rechercher l’origine de leur dénomination dans la Rome antique : erratum ! Elle provient de la civilisation babylonienne du Ve siècle av. JC : 
le Taureau et l’Aigle sont par exemple des constellations babyloniennes. Plus tard, les Grecs en rebaptisèrent certaines, comme la Panthère qui devint le Cygne ou encore la Chèvre qui devint la Lyre. Enfin, l’astronomie dota les constellations australes de noms plus communs, tels que Telescopium ou Microscopium : ce qui rompit quelque peu avec l’imagination populaire des siècles passés. Néanmoins, celles dont les noms demeurent inchangés depuis des siècles sont un formidable témoin de l’imagination des civilisations passées et du mystère que leur inspirait la voûte céleste. 
« Mais quel regard devons-nous porter sur le ciel ? Un regard neuf ou un regard ancien ? » 
F. Mulder, Patient X, de la série X-Files J 
 
Céline HANSEN 
 
►Sources : Colin A. Ronan, Le guide du ciel 
F. Gaffiot, Dictionnaire Latin Français 
France Loisirs, Larousse encyclopédique en couleurs 
De la nécessité d’un miroir parabolique 
 
Lorsque vous voulez acheter ou construire un télescope, vient très vite le choix du miroir principal. Vous savez ? Le grand, au fond du tube : il peut être rond, carré, vert, transparent, qui réfléchit la lumière ou pas, dans lequel vous pouvez vous voir dedans … le miroir sert à beaucoup de choses … parfois même, il peut servir pour regarder la Lune ou Jupiter ! Mais, pour cela, il doit être sphérique ou parabolique. Alors, COMMENT savoir ? POURQUOI ce choix ? 
 
Supposons, ce qui est d’ailleurs vrai dans une certaine optique, que chaque rayon de lumière venant d’une
source lumineuse se déplace toujours tout droit. Par exemple, la lumière qui provient d’une étoile située très
très loin n’est plus qu’un mince faisceau de lumière quand elle arrive sur Terre, comme celle sortant d’un
crayon laser. De plus, tous ces rayons lumineux qui proviennent de cette même étoile sont parallèles. Ils vont
toujours tout droit, dans le vide, jusqu’à ce qu’ils rencontrent un mur, un miroir. 
 
Newton et ses copains ont montré il y a quelques siècles déjà qu’un rayon de lumière rebondit sur le miroir
avec la même pente (même angle) qu’il avait en arrivant (figure 1), comme une bille de billard qui rebondit
contre un bord, sans effet quelconque. 
Quand le miroir est plat, ou plan, c’est exactement ce qui se passe : la lumière repart avec le même angle
par rapport à la surface. 
Si le miroir est courbe, il faut regarder juste l’endroit où rebondit la lumière. A cet endroit précis, l’angle
du rebond est le même, par rapport à la perpendiculaire à la courbe en cet endroit (figure 2). Même à la
loupe, c’est vérifié ! 
 
Dans un télescope, il s’agit de récolter tous ces rayons de lumière, parallèles entre eux, qui viennent rebondir
sur le miroir principal. Comme ça, beaucoup de lumière éclairera l’image de la Lune ou de Jupiter, et vous
pourrez voir plus de détails. C’est encore plus important pour bien voir les galaxies et les nébuleuses. 
 
Alors, il faut que tous ces rayons de lumière se retrouvent ensemble, sur la même image, … et surtout, il ne
faut pas qu’ils se perdent. On appelle ça la convergence des rayons. Si toute la lumière converge vers un
même point, BINGO !, l’image sera très claire. La surface du miroir doit donc avoir une forme précise. 
Si la surface du miroir est plane, tous les rayons qui arrivent parallèles entre eux rebondissent parallèles,
comme deux droites parallèles, et ne se croisent jamais : il n’y a pas convergence (figure 3). 
Si la surface est creusée, vous avez une chance un peu plus grande d’avoir un point de rassemblement des
rayons lumineux. 
 
Mais quelle surface choisir pour le miroir ? 
Le plus facile à faire, c’est un miroir sphérique, une calotte à l’envers, comme quand vous coupez le
haut d’une orange. Dans ce cas, les rayons lumineux rebondissent et convergent tous
devant le miroir, vers un point, point focal, situé à deux fois le rayon de la sphère que
vous avez creusée. Enfin, presque ! … Les rayons venant du centre du miroir se croisent
plus loin que ceux venant du bord. La figure 4 en donne un bon exemple. 
Pour rattraper cet effet indésirable, rabattez donc légèrement les bords du miroir !
Comme ça, les rayons venant du bord vont se croiser plus loin, jusqu’à croiser ceux
venant du centre. Avec un peu d’entraînement, c’est assez facile. Et quand vous arrivez
à le faire pour tous les rayons (figure 5), venant du centre, du milieu et du bord, vous
obtenez un miroir … parabolique ! 
 
Alors, pour en finir, pourquoi certains miroirs sont-ils encore sphériques ? En fait, si
le point focal se situe, partant du centre du miroir, à plus de dix fois le diamètre du
miroir (télescope d’ouverture F/D > 10), les points de convergence des rayons venant du bord et du centre sont si proches, que l’erreur que l’on commet n’est même pas visible sur une photo ! 
Donc, le fait qu’un miroir soit parabolique ou sphérique ne tient qu’au simple choix de l’ouverture F/D du télescope … Dans un prochain numéro, nous verrons ce que signifie ce fameux rapport, cette ouverture, que l’on retrouve partout et qui semble si importante en optique. 
 
Marc Dobler 
D’après une idée originale de Christophe Bissieux 


Ouvert ou fermé ?
 
« Ooouuuaaah, génial, j’ai vu pour la première fois la Lune dans la grande lunette de l’observatoire du Pic du Midi ! A 2877 mètres d’altitude, le pied ! Mais franchement, ils auraient pu fermer la coupole, car j’ai attrapé un coup de Lune !  Tiens ! Cette année, c’est l’association SPICA qui fait une soirée d’observation. J’espère pouvoir de nouveau me rincer l’œil dans leurs super télescopes … 
«  Attention ! Prévois des lunettes de lune pour ne pas être ébloui !» 
«  … 
«  Eh bien OUI, en regardant la Lune trop longtemps dans un télescope, tu risques de te brûler les yeux !… Cela peut paraître incroyable,… mais vrai ! 
«  Noooon, … Mais comment ? Pourquoi ? 
«  Dans n’importe quelle optique (jumelles, lunette, télescope), il y a deux choses primordiales à prendre en compte : le diamètre et l’ouverture de l’appareil. » 
 
Le diamètre : c’est le diamètre de la grande lentille (jumelle ou lunette), ou du grand miroir (télescope). 
Plus il est grand, et plus il collecte de lumière. Pour exemple, les jumelles ont des lentilles de 30 à 80 mm.
Les lunettes ont une lentille principale d’un diamètre variant de 60 mm à 20 cm, et même jusqu’à 50 cm
dans certains observatoires. Les télescopes, eux, ont un miroir qui varie de 10 cm à 1 m (taillé par des
amateurs), et jusqu’à 6 m ou plus pour les professionnels. Donc, en gros, un télescope capte beaucoup
plus de lumière qu’une lunette ou qu’une paire de jumelles. Mais pour comparer deux instruments, cela ne
suffit pas. A diamètre égal (par exemple 20 cm), la quantité de lumière qui entre dans une lunette ou dans
un télescope est en fait la même. 
Par contre, l’image sera totalement différente. Ici, je ne tiens pas en compte la différence entre une lentille
et un miroir, qui a un impact mineur sur la qualité de l’image. Tout dépend de comment la lumière va
converger pour former l’image. 
 
C’est là qu’intervient l’ouverture de l’appareil, le fameux rapport F/D que l’on trouve sur toutes les boites
de biscuits. 
L’ouverture : c’est le rapport F/D entre la distance focale F (distance du miroir au point de rencontre
-point focal- des rayons de lumière) et le diamètre D dudit miroir. 
Pour un même diamètre, si la distance focale F est courte, le rapport F/D est petit, et l’appareil est ouvert.
C’est le cas du télescope. C’est une question d’encombrement. Comme le miroir est très grand, la focale sera d’autant plus grande, au facteur F/D près. Donc, pour un miroir de 20 cm et un rapport F/D égal à 5, la longueur du tube sera déjà de 1 m. 
Par contre, si la distance focale F est grande, le rapport F/D est grand, et l’appareil est fermé. C’est plutôt
le cas d’une lunette, et de certains types de télescopes (Cassegrain). Le rapport F/D est souvent très grand,
supérieur à 10 ou 20, car techniquement, la taille d’une lentille est très délicate, et les déformations sont très
vite importantes au bord. Dans le cas d’un télescope, ce type de déformations est beaucoup moins marqué.
L’ouverture peut alors être très grande, et le rapport F/D peut descendre à 4 sans problèmes majeurs de
déformation d’image. 
 
Question éblouissement, une grande ouverture (petit rapport F/D) fait que la lumière converge très vite
(cône aplati), et la densité de lumière est importante sur l’image. Toute la lumière vient s’entasser sur
l’image, ce qui donne une grande luminosité. Il est ainsi possible de déceler de minuscules galaxies ou
des nébuleuses très faibles qui se détachent du fond du ciel. Les planètes sont très brillantes, sans détails,
à tel point que la lumière provenant de la Lune peut brûler l’œil. 
Un grand rapport F/D allonge le cône de lumière. La lumière prend son temps pour former l’image, ce qui
la rend sombre, mais lui apporte un certain contraste. Certaines galaxies et nébuleuses restent invisibles
dans le fond du ciel, mais les détails apparaissent sur les planètes et la Lune, sans éblouir. 
 
L’ouverture d’un appareil (paire de jumelles, lunette ou télescope) est donc cruciale ! Que cherchez-vous à
observer ? Dans quelles conditions ? Le diamètre du miroir ou de la lentille principale fixe la taille globale de l’appareil et surtout la quantité de lumière qui entre, et l’ouverture fait le reste : taille définitive, luminosité et contraste. 
Du haut du Pic du Midi, cela ne servait à rien de garder tout ouvert pour regarder la Lune. Par contre, prévoyez de vous couvrir, car c’est sur les gros télescopes que l’on attrape froid ! 
Les planètes dans l'astronomie occidentale et extrême-orientale 
 
 
Chacun d’entre nous a certainement déjà noté l’importance du nom des planètes de notre système solaire dans notre culture issue des temps romains et grecs. Bien sûr, vous aurez rapidement fait le lien entre les jours de la semaine et les planètes (tableau) : lundi fait référence à la Lune, mardi à Mars, mercredi à Mercure, … , samedi à Saturne, ...……….  
Et là, rien ne va plus !  
Pourquoi donc la relation entre dimanche et le soleil n’est plus triviale ? 
Si on fait le parallèle en anglais ou en allemand, les jours de la semaine sont construits plus ou moins sous la forme « quelque chose + day » ou « quelque chose + tag ». Ces suffixes day et tag signifient bien jour. Bien que ces dénominations soient d’origine nordique et le « quelque chose » qui vient avant pourrait faire référence aux divinités nordiques, nous aurions tendance à lier le suffixe di à jour. Ce di que l’on retrouve dans la langue française vient du mot DIes, qui veut bien dire jour en latin. Mais les romains vivaient dans une culture polythéiste gréco-romaine, dont les liens entre humains et dieux étaient si profonds que le nom d'un jour représentait aussi le moment préférable pour vénérer l'un de ces puissants dieux de l'époque. Saturne est réputé pour ses actions néfastes et Venus pour sa beauté ! Et, bien que Jupiter soit le grand manitou des dieux romains, il n’occupe pas la position la plus importante dans la semaine : dimanche … mais la façon dont est construit dimanche, « di + quelque chose », oblige quelque chose à être divin, à être supérieur à Jupiter. Etant donné que dies en latin signifie jour, ce pourrait bien être le Dieu-Soleil en personne qui, au delà de toute querelle entre ces dieux légendaires, règne sur la Terre par son cycle incessant de jours et de nuits. En reprenant le parallèle avec les autres cultures nordiques, dimanche est traduit par Sunday ou Sonntag, confirmant l’existence de ce jour d’un roi-Soleil, différent de Louis XIV !  









 

 
Si l’on s’écarte de l’Europe et que l’on jette un œil vers l'Extrême-Orient, les jours de la semaine japonaise ou chinoise sont aussi au nombre de sept, mais leur appellation est plutôt différente (voir tableau). Ceci n’est pas surprenant a priori, car les cultures sino-japonaise et européenne sont elles aussi très différentes. A part le premier jour et le dernier, le Lune et le Soleil, réglant les jours et les saisons avec panache, faisant manifestement partie de l’héritage humain, les cinq éléments sont issus de la culture multi-millénaire chinoise, probablement plus ancienne encore que celle d’Egypte ou de Mésopotamie. Ces cinq éléments, le feu, l’eau, le bois, le métal et la terre [fertile], sont la base même de toute la culture ancestrale traditionnelle chinoise. En sont extraites les bien connus médecine traditionnelle chinoise, acuponcture, Yi-King, Feng-Shui … et même astrologie chinoise !  
Puisque nous vivons tous sous la même voûte céleste, l’astrologie chinoise utilise forcément les mêmes étoiles et planètes que celles de notre ciel occidental,. Mais alors, si la Lune et le Soleil, si ces fameux éléments, sont tous présents pour les noms des jours de la semaine, un lien avec les planètes est-il peut-être possible ?... 
C’est effectivement le cas ! Chez les chinois et les japonais, la planète Mars est appelée la planète du Feu, Mercure celle de l’Eau, Jupiter celle du Bois, Venus celle du Métal et Saturne celle de la Terre [fertile].  
Quoi de plus admirable que nous avons là ! C’est à croire que nous touchons du doigt les profondeurs de l’histoire de l'humanité !  
… Malheureusement, ne nous réjouissons pas trop vite! … snif …  
Une chinoise m’a avoué que ce système était effectivement utilisé autrefois, mais que depuis quelques siècles, deux ou trois peut-être, ils avaient remplacé ces noms par les chiffres de 1 à 7, bien plus faciles d’emploi …  
- Comique, ne trouvez-vous pas ? -  
S’il est vrai que le système ancestral chinois est en base soixante (douze ans et dix états), le chiffre sept est effectivement quelque peu difficile à caser. 
Et de plus, un japonais s’est confié à moi en me révélant que les noms des jours et des planètes utilisés actuellement n’est vieux que de l’ère Edo, soit tout au plus 400 ans. Il va même jusqu'à supposer que c’est en fait l’Occident qui, lors de l’ouverture du Japon au reste du monde, aurait influencé l’empereur du Japon … D’ailleurs, bien qu’ils continuent à utiliser le nom chinois des jours de la semaine, les japonais ont déjà adopté le système occidental pour les planètes, en les renommant Mars, Mercure, Jupiter, Venus, Saturne … De quoi tourner en rond ! 
Mais n'allez pas plus loin dans une éventuelle connection entre les dieux et les éléments fondamentaux car les religions d'extrême Orient n'ont de dieux que les Esprits de la Nature, et repoussent d'un lieu toute force maléfique par des représentations de dragons et autres guerriers aux regards d'autant plus menaçants que le danger est grand. Ainsi, ces Esprits ont un caractère plutôt protecteur et bienveillant, au contraire de l'image que l'on se fait ...  
 
Marc Dobler  
Système Latino -Français Système Sino -Japonais
Planète Semaine Semaine Planète
Lune Lundi Jour de la Lune La Lune
Mars Mardi Jour du Feu Etoile du Feu
Mercure Mercredi Jour de l’Eau Etoile de l’Eau
Jupiter Jeudi Jour du Bois Etoile du Bois
Venus Vendredi Jour du Métal Etoile du Métal
Saturne Samedi Jour de la terre Etoile de la Terre
Soleil Dimanche Jour du Soleil Le grand Soleil
Couleur ou Couleurs ? 
1. formes et comportements  

 
Dans les numéros précédents, nous avons abordé quelques notions sur le miroir principal d’un télescope, notamment l’importance de sa forme parabolique et de l’ouverture de l’instrument. Pour ces explications, nous avons supposé que la lumière était un faisceau constitué de rayons de lumière. Qu’elle soit blanche, rouge ou bleue, verte à pois roses ou invisible, pas de détails, c’est la même couleur !  
 
Il y a même un nom scientifique qu’on a inventé pour cette optique-là, avant même qu’on ne connaisse d’autres optiques, c’est l’optique géométrique. Tout simplement parce qu’avec une règle et un crayon, c’est possible de décrire la trajectoire des rayons.  
 
Mais, quand on veut calculer la trajectoire des rayons de lumière à la sortie de la lentille principale dans une lunette, ben c’est pas pareil ! Y a quelqu’un qui est venu mettre de l’embrouille dans les calculs, et que ça fiche toute la théorie par terre. Ouais ! Quand mon pote il a voulu construire sa lunette en suivant les savants conseils des articles précédents sur l’ouverture, la surface … avec tout quoi, il s’est aperçu qu’il y a des couleurs sur son image blanche. Bon d’accord, pour la lentille principale d’une lunette ou pour toute autre lentille, la surface est pas parabolique mais plus compliquée, et même quand elle est parfaitement taillée pour que tous les rayons de lumière convergent au même endroit, ça marche pas. Ces couleurs-là ne tombent pas au même endroit, même après qu’il se soit très appliqué ! Il a dû alors tenir compte de toutes les couleurs, et il a rajouté des couches et des couches sur sa lentille pour corriger tout ça. Techniquement, on appelle ça un traitement multicouches de la lentille.  
 
Eh ben oui ! Que vous le vouliez ou non, la lumière ne fonctionne pas pareil quand elle rebondit sur un miroir ou quand elle traverse une lentille. Ça, c’est rudement compliqué à expliquer car il y a plein de trucs auxquels il faut tenir compte. Mais bon, il faut quand même passer par là si on veut continuer à comprendre quelque chose …  
 
Alors, … Commençons par le commencement !  
Si la couleur apparaît après que la lumière ait traversé une lentille, c’est que la lentille y est pour quelque chose … pas vrai ? Mais quoi ?  
 
Dans un premier temps, voyons ce qui se passe quand une lumière blanche traverse des bouts de verre
de différentes formes (plat ou prisme, figure 1).  
 
Dans le cas A, un morceau de verre plan est perpendiculaire au faisceau de lumière incident. Le faisceau
traverse le verre et continue sur la même trajectoire qu’avant.  
 
Dans le cas B, en inclinant le morceau de verre, la lumière le traverse et continue sur une trajectoire
légèrement décalée à celle d’avant, mais toujours parallèle. De plus près, des couleurs rougeâtres et
bleutées apparaissent sur les bords du faisceau, mais c’est pas très marqué.  
 
Dans le cas C, la lumière qui ressort du prisme continue sur une trajectoire différente suivant la couleur !  
 
Cela montre clairement trois choses. Premièrement (cas A et B), le verre influence la trajectoire
de la lumière. Deuxièmement (cas B et C), la couleur blanche est une composition de couleurs.
Troisièmement (cas C), la trajectoire empruntée dépend de la couleur : dans les couleurs de l’arc
en ciel, les couleurs bleues sont plus déviées que les rouges.  
 
Dans le cas d’une lentille (lunette ou oculaire…), similaire à une multitude de prismes les uns à coté
des autres, l’effet se fait sentir plus fortement sur les bords (figure 2). C’est ce qui s’est passé chez
mon pote. Pour corriger cet effet chromatique, on utilise un traitement multicouches (figure 2).  
 
Dans les prochains numéros, nous verrons (!) plus en détails comment (pourquoi ?) la lumière se
décompose en couleurs. Dans la nature, il existe plein de phénomènes qui peuvent être expliqués
par cet effet. Vous en connaissez certainement, et nous en décrirons quelques uns dont ce fameux
traitement multicouches, dont certains fabricants culottés en font abusivement la publicité dans une
pure optique de propreté. … … Hé, mais au fait, c’est quoi la lumière ?  

Marc Dobler 
 
La science contre attaque…et l’emporte  
 
Après 2000 ans, le mécanisme d’Anticythère livre ses secrets. 
  
Une chronologie : 
En 1900, des pêcheurs d’éponge découvrent une épave romaine ayant sombré entre 80 et 50 av. J.C. au large de l’île d’Anticythère. 
En 1902, un archéologue nommé Valerios Stais remarque la présence de roues dentées sur des fragments en bronze récupérés dans cette épave. 
1925-1930, le vice-amiral Ioannis Theophanides fabrique un premier modèle du mécanisme après avoir conclu qu’il s’agit d’un astrolabe.(1) 
1971, Derek de Solla Price et Charalampos Karakalos font les premières radiographies de ce que l’on appelle « mécanisme ou horloge d’Anticythère ». 
1974, Solla Price publie l’ouvrage de référence Gears from the Greeks - engrenages de la civilisation grecque -. 
1983, Michael Wright commence l’étude du mécanisme. 
2005, de nouvelles tomographies (scanners) et photographies des fragments sont effectuées par l’équipe du Projet de recherche sur le mécanisme d’Anticythère. 
2006, publication des premiers résultats. 
 
La raison de l’article qui suit est de démontrer, au travers de cet objet d’Anticythère,
comment des interprétations litigieuses ou fallacieuses peuvent biaiser ou totalement
modifier un événement pour le rendre mystérieux et ainsi pouvoir le traiter comme chose
impossible et incompréhensible. En un mot, le transformer en anomalie. 
Le texte va aussi montrer que la science, quand elle se donne les moyens et surtout
l’intérêt d’étudier quelque chose, produit des résultats rapides, constructifs, utiles et
instructifs. 
 
Terminologies comparatives : 
 
Dans les milieux ésotériques, faiseurs de mystères et autres new-ageurs de tous poils,
les mots employés pour décrire des événements difficiles à interpréter de prime abord sont toujours entourés d’une aura mystérieuse amplifiée par l’utilisation de termes que le grand public, qui a déjà assez de mal avec
la terminologie conventionnelle, ne comprend pas bien. Le sujet qui nous intéresse
en est un excellent exemple. 
 
Antikithera. 
Mécanisme d’Antikithera. 
Ordinateur d’Antikithera. 
Horloge d’Antikithera ( Antikithera’s horlogium également déjà cité dans certains textes ). 
Mécanisme métallique très compliqué, trop compliqué pour être antiquement grec. 
L’un des dispositifs cybernétique des plus compliqués au monde, etc. 
 
Notez combien l’utilisation du nom original de l’île d’Anticythère, Antikithera, apporte une
connotation mystérieuse et mystique. Associée au terme latin du mot horloge, l’illusion est
parfaite. Cela ajoute même une touche d’authenticité qui va permettre de mieux exploiter
la crédulité du plus grand nombre. De plus, l’orientation vers la « complexitude » est amenée par un terme moderne comme cybernétique (2), qui est un mot « in » que la majorité associe à fantastique et dont les repères assimilés se trouvent dans des productions hollywoodiennes comme « Terminator » ou « Matrix ». 
 
Dans le milieu scientifique, ainsi que dans celui des chercheurs amateurs honnêtes et autres passionnés objectifs, les mots restent simples et compréhensibles. 
Mécanisme ou objet d’Anticythère. 
Horloge astronomique. 
Calendrier. 
Astrolabe. 
Notez les termes objectifs qui orientent la recherche sur des choses connues, existantes. Seul le mot astrolabe sort un peu de l’ordinaire. Pour qui ne le connaît pas -voir (1)-, un simple dictionnaire apportera l’éclaircissement nécessaire. 
Recherches comparatives : 
Chez les partisans des hypothèses fantastiques, les théories et tentatives d’explications vont bon train. Les années 1970 sont particulièrement fécondes grâce au discours du Suisse Erich von Däniken qui pense retrouver les traces de visites extraterrestres en divers points de notre planète. Ces visites, datant d’il y a quelques millénaires, auraient permis l’émergence (avec un contrôle permanent de « ceux d’en haut ») des grandes civilisations. Un objet comme celui d’Anticythère devient alors : 
Une chose manufacturée par une civilisation extraterrestre et laissée aux hommes après son départ, avec le mode d’emploi. 
Une chose manufacturée par les hommes à partir d’un modèle original extraterrestre. En quelque sorte un transfert de technologie (reverse engineering) avant l’heure. 
Une chose manufacturée par une antédiluvienne civilisation terrestre disparue, d’un niveau technologique nettement supérieur au nôtre et qui a pu avoir des contacts avec une civilisation extraterrestre. 
Aussi osées soit-elles, ces théories ne reposent sur aucun fondement scientifique et, inversement, tant que la science ne s’y intéresse pas, le libre court est de mise. 
Du côté des scientifiques, l’objet tombe tout d’abord en désuétude après son identification comme « astrolabe » et la réalisation d’un modèle (voir chronologie), entre 1902 et 1930. 
En 1951, Derek de Solla Price, un physicien britannique, entame une étude du mécanisme qu’il va continuer pendant plus de vingt ans. 
Conscient de la complexité extraordinaire de l’objet (au moins aussi compliqué qu’une horloge médiévale), il suppose que trois cadrans sont incrustés de chaque côté d’une boîte en bois et qu’ils sont reliés entre eux par une bonne trentaine de roues dentées. Une manivelle installée sur l’un des côtés activait probablement l’engrenage. Les trois cadrans se présentent comme suit : 
Celui sur l’avant comporte deux cercles concentriques. 
. Le cercle interne indique les douze divisions du Zodiaque réparties sur 360°. 
. Le cercle externe est divisé en 365° répartis sur les douze mois de l’année du calendrier gréco-égyptien. 
En dessous se trouve un parapegme (3). 
Pour le savant, l’instrument permettait de calculer les positions du Soleil et de la Lune pour une date donnée. En 1959, il publie son premier article, An Ancient Greek Computer - un ordinateur de la Grèce antique – dans la prestigieuse revue Scientific American. Il parvient à passionner les scientifiques et le grand public. Je concède volontiers ici que le terme « ordinateur » est utilisé et, qu’à l’époque, certains imaginent déjà que seule une civilisation venue d’ailleurs a pu apporter cette technologie aux Grecs. 
Petit à petit, avec l’aide de moyens allant en se modernisant, les résultats de la recherche s’affinent. L’objet devient un planétarium très élaboré qui calculerait le cycle des éclipses, le mouvement des cinq planètes alors connues (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne), ainsi que le cycle métonique (4). 
En 2005, les scientifiques découvrent que la partie arrière de l’objet comprenait deux cadrans en forme de spirale équipés d’aiguilles. Entre les spires sont représentées 223 divisions qui correspondent au saros (5). 
La sophistication des engrenages est telle que cet instrument semble avoir mille ans d’avance sur les premières horloges astronomiques. 
Enfin, en 2006-2007, les problèmes mécaniques sont en grande partie résolus. Si la datation hésite encore entre – 200 et – 50, la fonction de l’objet n’est pas clairement déterminée. Instrument d’astrologie, d’astronomie, de navigation ou plus simplement d’observation ? 
Les résultats comme l’avancée des recherches sont en ligne sur la toile sous www.antikythera-mechanism.gr  
Des questions communes : 
Comme nous venons de le voir, le travail scientifique accompli est au-dessus de tout
soupçon. J’invite le lecteur curieux à lire les dossiers complets dans les sources citées
en fin d’article ou sur le site Internet indiqué plus haut. 
Pourtant, des questions importantes se posent.  
Pourquoi un tel objet (ou un autre de même nature) n’a-t-il jamais été découvert
ailleurs, soit avant soit après la découverte « originale » ? 
Pourquoi ce mécanisme se trouvait-il précisément dans cette épave romaine ? 
Quand a été fabriqué, sous-entendu conçu et usiné, cet objet ? 
Et, surtout, qui en est le génial concepteur ? 
Nous allons tenter d’y répondre en commençant par la dernière. 
Sachant que les engrenages fonctionnent selon les théories lunaire et solaire
d’Hipparque (6), le concepteur vécut logiquement après lui. De plus, il a du
avoir accès aux connaissances de l’époque en y intégrant celles des Babyloniens
qui maîtrisaient parfaitement l’observation astronomique et la prédiction d’éclipses. Deux noms se détachent des possibles réalisateurs connus : 
 
Posidonius (135-51 av.J-C.), stoïcien (politicien, philosophe, astronome, historien, géographe…) grec. 
Geminus, qui rédige l’Isagoge (introduction à l’astronomie) en 55 av. J-C. Le parapegme -voir (3)- gravé sur le mécanisme est très proche du texte de l’ouvrage. De plus, Geminus est un probable disciple de Posidonius. 
En 45 av. J-C. , Cicéron (103-43), dans son ouvrage nommé De natura deorum, décrit un instrument conçu par Posidonius. La description montre que la chose est capable de reproduire les mouvements du Soleil, de la Lune et des cinq planètes connues. 
 
En revanche, la date de fabrication pose problème. Les caractères grecs présents sur l’objet remontent, d’après leur forme, au début du 1er siècle av.J-C. Une datation au carbone 14 est quasi impossible car il aurait fallu retrouver du bois ayant appartenu au mécanisme. Ceci nous amène indirectement à la prochaine réponse. 
En 1976, notre national et regretté commandant Cousteau explore l’épave. La découverte de pièces de monnaies permet de préciser un peu la date du naufrage. Mais aussi, et c’est là le plus important, de
connaître la provenance des marchandises transportées. L’embarcation
romaine contenait le butin pris à Pergame (Bergama, en Turquie, de nos
jours). En effet, en 86 av.J-C. , en pleine reconquête de la Grèce, l’armée
romaine pille cette ville. Or, Pergame était célèbre pour sa bibliothèque aux
200 000 volumes, les grandes réalisations dans son urbanisme et ses
sculptures dans le plus pur style hellénistique. En résumé, la ville est un
important carrefour culturel digne d’abriter et de protéger des œuvres
exceptionnelles, voir uniques. La réponse à la première question posée plus
haut, à la lumière de l’analyse faite à l’instant, est évidente. En conséquence,
j’avance l’hypothèse suivante : 
Le mécanisme d’Anticythère est un objet unique, le modèle abouti (le n°
de série 001 en quelque sorte) d’un concepteur de génie quel qu’il soit.
Car, comme le souligne Michael Wright, « cet objet n’est pas un prototype.
Celui qui l’a construit savait exactement ce qu’il faisait ». Pour information,
Michael Wright est l’ancien conservateur du Science Museum de Londres
et spécialiste en génie mécanique. A ce jour, c’est lui qui possède la meilleure
reproduction grandeur nature du mécanisme d’Anticythère. Il l’a reconstitué
sur la base de plus de vingt ans de recherches. Rappelons ici que le
mécanisme original a été retrouvé brisé en 82 morceaux, dans un état de
corrosion avancé. A notre époque, nous protégeons et conservons nos
modèles uniques exactement de la même façon, avec les systèmes d’alarmes
en plus. De même, quand les coûts de production sont trop importants, la
demande faible et les industriels pas intéressés, de nombreuses choses restent à l’état du n° de série 001, et ce, malgré toute une phase de développement préliminaire déjà onéreuse. Dans le cas qui nous occupe, le vol de l’objet par les romains peut être considéré comme une appropriation illicite d’une « technologie de pointe ». Seuls les malencontreux concours de circonstance (tempête ? attaque ennemie ? autres ?) responsables de l’engloutissement du bateau ont certainement empêché un développement plus rapide en matière de « prévisions astronomiques par des appareils mécaniques ». Les historiens qui, de mon point de vue, doivent à présent prendre le relais pour affiner voir trouver les réponses concernant l’objet, ont beaucoup de travail devant eux. Et les chercheurs occupés sur le sujet principal vont peut-être, qui sait, découvrir par tomographie la « signature » du concepteur sur l’une des entrailles rouillées du mécanisme. 
 
Pour en revenir à notre sujet « d’anomalistique comparée », il est maintenant bien évident que cet objet d’Anticythère a totalement perdu cette aura de mystère qui l’entoure depuis plus de cent ans. N’en déplaise à certains, l’origine et la fonction de l’objet sont parfaitement explicables. Je vais même jusqu’à proposer une terminologie nouvelle qui, je l’espère, va être utilisée dans nos propres domaines de recherches, notamment en ufologie. Désormais, lorsqu’on évoquera le terme « effet Anticythère » pour un cas de phénomène o.v.n.i., le milieu ufologique devra comprendre cas « mystérieux en apparence mais explicable après recherches simples ». Une confirmation du principe d’économie d’hypothèse en somme ! 
Il est certain que les conflits d’intérêts vont continuer, et cela est bon pour faire avancer la recherche, s’ils sont constructifs. L’on peut également me critiquer en avançant que « la vérité d’une politique, d’une théorie ou d’une explication est corruptible car elle cible les intérêts d’une minorité ». Ma réponse tient dans une seule phrase que tout bon chercheur en matière de « paranormal » devrait méditer au moins une fois dans sa vie : 
Qui trop vite croit, s’arrête de penser. 
 
Dominique Schall 
  
ASTROLABE : cet instrument représente la voûte céleste projetée à plat et indique la position de Soleil et des étoiles brillantes. Il permet notamment de déterminer l’heure et de calculer des phénomènes astronomiques grâce à la hauteur des astres. 
CYBERNETIQUE : étude des processus de commande et de communication chez les êtres vivants, dans les machines et les systèmes sociologiques et économiques. 
PARAPEGME : calendrier astronomique perpétuel indiquant les levers et les couchers des fixes avec des indications météorologiques. 
CYCLE METONIQUE : cycle de 19 ans (235 lunaisons) au bout duquel les phases de la Lune se répètent aux même dates de l’année solaire. L’astronome Méton avait noté cette coïncidence vers 430 av.J.-C. 
SAROS : cycle de 18 ans au bout duquel les éclipses se reproduisent exactement dans la même configuration. Multiplié par trois, il donne l’exeligmos, de 54 ans, qui est représenté par un cadran subsidiaire sur le modèle du mécanisme d’Anticythère de Michael Wright. Un saros comporte 223 lunaisons. 
HIPPARQUE (190-120) : astronome grec du deuxième siècle av.J.-C. Il découvre la précession des équinoxes et imagine des modèles pour comprendre les mouvements du Soleil et de la Lune. 
 
Sources : Ciel et Espace n°436, septembre 2006, pages 54 à 58. 
Ciel et Espace n°440, janvier 2007, page 25. 
Ciel et Espace n°441, février 2007, pages 60 à 63. 
Dictionnaire Larousse 2000 pour les recherches complémentaires.