http://www.spica.org/
CLONAGE : le gène éthique n’existe plus.
Lors de la tonitruante annonce, en date du 26 décembre 2002, de la naissance du premier bébé conçu par la technique du clonage, la secte des raëliens est revenue au premier plan. En effet, pas un média n’est resté insensible à la nouvelle qui a suscité une vague de réactions négatives.
Il n’empêche. La manœuvre orchestrée par Brigitte Boisselier, présidente de la société Clonaid et membre de la secte, s’est avérée payante. Le débat est relancé et le cercle des personnes ayant entendu parler des raëliens s’en trouve considérablement élargit. Le doute qui accompagne cette manipulation d’un ovule humain persiste, rendant bien l’image d’une organisation qui navigue entre ombre et lumière.
Pourtant, si la nouvelle se confirme, il y a fort à parier qu’en biologie, toutes les barrières déontologiques vont disparaître. Nous entrerons alors dans l’ère du code de « hontologie »
Cela risque d’ailleurs de se produire même en cas de démenti.
Les autorités, tant Françaises qu’étrangères, ont pourtant eu leur chance d’empêcher de telles pratiques. Souvenez-vous…
En octobre 1994, l’horrible suicide collectif de 53 membres de l’ordre du temple solaire déclenche une indignation et une prise de conscience sans précédent. Le massacre de 81 adeptes de la secte des Davidiens en avril 1993 est encore dans toutes les mémoires. L’attaque au gaz sarin du métro de Tokyo par la secte Aum également. Pourtant rien ne bouge vraiment au niveau officiel et ce malgré d’autres précédents très graves entre 1978 et 1993 ( Temple du peuple de Jim Jones, église des amis de la vérité etc.…)
Le plus gros travail d’information et de mise en garde est alors assuré par diverses associations qui ont beaucoup de mal à se faire entendre. Nous les saluons ici.
Les raëliens et bien sûr toutes les autres sectes continuent à faire des adeptes et détruisent des vies en toute impunité. Il faut attendre décembre 1995 et son cortège macabre de 16 morts, toujours dans l’ordre du temple solaire, pour voir enfin une réaction de la part des autorités.
Un rapport de commission parlementaire recommande alors de lutter contre le « fléau » des sectes d’une façon « pragmatique » et considère que le droit existant, à condition d’être aménagé et appliqué, peut être suffisant. La société tout entière – grand public, élèves, fonctionnaires – doit être mieux informée. Dans la même période, en Allemagne, on assiste à un haro sur la « scientologie » qui est qualifiée comme un des « groupes les plus agressifs de notre société »
Pourtant, rien n’avance vraiment. Et pour cause. Il y a des adeptes de ces esclavagistes de la conscience au plus haut niveau de la société. La preuve la plus éclatante nous vient du Mandarom, cette secte syncrétiste des Chevaliers du Lotus d’or. En effet, l’un des inspecteurs des impôts chargés de suivre cette organisation en était membre. Les politiciens semblent alors découvrir ce que les associations de défense disent et savent depuis fort longtemps ; les sectes disposent de relais nombreux, y compris dans les professions libérales et les cadres administratifs.
Nous sommes en 2003 et la situation s’aggrave. Comment empêcher des personnes saines de corps et d’esprit d’entrer dans la spirale infernale de dépendance et de soumission totale ?
Dans cette époque de plus en plus troublée, les interrogations existentielles sur la vie conduisent inévitablement à s’interroger sur la mort et sur cet hypothétique « au-delà » Un mal de vivre généré par une multitude de difficultés peut conduire au doute. L’être fragilisé devient alors la proie de prédateurs parfaitement organisés. Leurs fonds de commerce s’alimentent du désespoir d’autrui. Moyens financiers et humains permettent tous les délires des gourous. Avec leurs avocats, ils ont appris à exploiter à leur profit les arcanes de la justice. Les théories sur les faibles et les inaptes qui doivent disparaître, sur la vie éternelle et bien d’autres sont alors véhiculées.
« IL EST POSSIBLE QUE L’ANNONCE DU CLONAGE HUMAIN RELEVE DE L’INTOX PURE ET DURE. MAIS LA VOIE EST TRACEE »
La technique du clonage est à la portée de n’importe quel biologiste bien équipé. Il suffit de prélever un ovule non fécondé, de l’énucléer ( le vider de son programme ADN ), et de le faire fusionner par traitement électrique ou chimique avec le noyau d’une cellule préalablement prélevé sur « le modèle à reproduire » La nouvelle cellule est alors développée en laboratoire, jusqu’au stade embryonnaire, avant d’être implanté dans l’utérus d’une mère porteuse. Cette dernière est d’ailleurs « l’original » dans le cas de la petite Eve ( nom donné au bébé cloné ). Du coup, cette maman devient la sœur de sa propre fille.
La façon de faire n’est pourtant pas dénuée de risques extrêmes. L’on se souvient du nombre important de tentatives ( 275 ) ayant finalement abouties, en 1996, à la naissance de la brebis « Dolly » Cet animal présente « a l’usage » des malformations du cœur, des poumons et du foie. Le risque d’obésité et de vieillissement accéléré fait également parti de la vie d’un mammifère cloné.
A partir de là, une interrogation se pose. Combien d’embryons sont morts et, combien de grossesses avortées ont t’il fallut pour arriver au résultat ?
Pire. En sachant que pour trois clones qui vont naître, il y aura 30 à 40% d’anormaux, ont est en droit de se demander ce qui anime des êtres humains à commettre de telles exactions. Car il faut dire que pour arriver au terme de ses expériences, la chimiste Brigitte Boisselier n’a pas seulement utilisé des rats, elle.
Il est possible que l’annonce du clonage humain relève de l’intox pure et dure. Mais la voie est tracée. Il suffit d’observer les diverses expériences et résultats « officiels » concernant le clonage thérapeutique, le séquençage des chromosomes et du génome humain, la création d’êtres vivants ( des souris pour le moment ) transgéniques, pour se rendre compte que la tentation est trop forte. Les scientifiques ont beau s’offusquer ouvertement. Si elle est valide, l’expérience, même réalisée par un organisme sous la tutelle d’une secte, va faire boule de neige. Nous verrons dans l’avenir les actuels censeurs et langues de bois se lier.
La force des raëliens, et des sectes en général, est d’utiliser les systèmes en place et leurs lacunes. Lors de l’interview en direct sur France 2, le jeudi 2 janvier 2003, Brigitte Boisselier a bien essayé de justifier l’acte par le message : « le premier bébé éprouvette avait également déclenché une vague d’indignation. Aujourd’hui, tout le monde trouve cela normal »
Le contexte n’est évidemment pas le même, et cette « manip » est toujours condamnable si l’on se range du coté des tenants de la sélection naturelle. Toutefois, l’amalgame des deux images est très bien choisi. A la question du présentateur du journal télévisé : « Mme Boisselier, vous êtes une scientifique. Pensez-vous vraiment que des extra-terrestres ont parcouru neuf milliards de kilomètres pour venir contacter Claude Vorilhon ( Raël ) » ?
La réponse fut sans équivoque : « cela n’est pas impossible. J’y crois même plus qu’en un Dieu abstrait et omnipotent. L’émergence de nouvelles religions ne devrait pas faire l’objet d’autant de controverses. Je suis très fière d’être raëlienne »
Suit une tentative d’expliquer que la façon de traiter Raël est odieuse et que le maître mérite mieux. On peut effectivement la croire en ayant vu la diffusion du reportage en milieu d’interview. Le somptueux strip-tease devant favoriser la pratique de la méditation sensuelle est un régal ; et pas seulement pour les sens des raëliens. Heureusement, le journaliste a coupé court à toutes ces élucubrations.
Et le problème est bien là. Les médias ont fait leur travail, certes. Mais sans vraiment mettre l’accent sur la dangerosité des idées raëliennes, à savoir : géniocratie, eugénisme, vie éternelle, gourou tout puissant et adeptes inféodés.
« UNE HISTOIRE LOUFOQUE QUI COMMENCE EN DECEMBRE 1973 PAR UN CONTACT AVEC DES ETRES AUX CHEVEUX LONGS, DES YEUX EN AMANDE ET UNE PEAU VERT OLIVE »
Le mouvement raëlien est fondé en 1975 par le Français Claude Vorilhon qui se fait appeler Raël. Selon lui, la vie humaine sur Terre a été établie par des extra-terrestres venus en soucoupes volantes il y a 25 000 ans et les humains ont été créés par clonage.
La secte revendique 50 000 membres répartis dans 84 pays. Selon une mission française de lutte contre les sectes, les raëliens seraient quelque 20 000 ou beaucoup moins d’après d’autres sources. La majorité est installée au Québec, aux Etats-Unis, en Suisse, où se trouve le siège mondial, et en France.
La mouvance raëlienne commence par une histoire loufoque en décembre 1973. Auvergnat de 26 ans, Claude Vorilhon, après une petite carrière de chanteur et de journaliste sportif, voit débarquer des extra-terrestres aux cheveux longs, aux yeux en amande et à la peau vert olive, près d’un volcan du Massif-Central. Ces « Elohim » ( mot hébreu signifiant anges ), créateurs de toutes formes de vie sur Terre, chargent ce jeune homme, baptisé Raël, de leur construire une « ambassade » pour les accueillir.
Deux ans plus tard, la nouvelle « religion athée » est fondée ; avec conseil scientifique, prêtres et adeptes.
Née en 1956, Brigitte Boisselier, qui a annoncé la nouvelle du clone de l’homme en crèche, est docteur en chimie, université de Dijon et université de Houston. Ancienne directrice de projet dans l’industrie, elle s’est engagée en 1997 dans le projet du clonage humain au sein de la société Clonaid fondée par Raël.
Les dernières évolutions de cette affaire nous montrent combien Claude Vorilhon est matois. En effet, les preuves devant authentifier le clonage manquent toujours. La secte, qui invoque des démêlés juridiques avec la justice américaine, refuse de faire procéder aux tests ADN. Cela ne l’empêche pas d’annoncer la naissance d’un second clone. De toute évidence, « Sa Sainteté Raël » semble surtout motivé par le désir de publicité et l’appât du gain. Surtout, il continu à vouloir donner du chrome aux hommes ; sur le site Internet de Clonaid, il propose le clonage humain pour 200 000 dollars. Des répliques d’animaux de compagnies ou de chevaux de courses sont aussi envisageables. Se faire dupliquer pour accéder à l’immortalité est le nouveau credo.
Le prix moral à payer est bien trop lourd. Pourtant, ces charognards des âmes continueront leur culture « Raël-hyène »
Dupliquer des mères, copier des pères ou remplacer des frères et sœurs, tout sera possible.
Il faut se rendre à l’évidence : la gêne éthique va disparaître.
News à méditer sur le sujet traité :
Source : infos de 14H00 du 3 février 03, radio SWR 3.
La scientologie va être exemptée de certains impôts en Allemagne. Aucune raison invoquée.
Il faut savoir que cette secte est sous étroite surveillance par l’équivalent de nos renseignements généraux ( note de l’auteur )
Source : infos de 18H00 du 4 février 03, radio SWR 3.
La scientologie va être exemptée de l’impôt sur les revenus des ventes de revues et livres. La cause en est un différent entre la loi américaine qui considère la scientologie comme une église, et la loi allemande qui la considère comme une secte…
Source : infos de 9H00 du 7 février 03, radio SWR 3.
La première brebis clonée néo-zélandaise est morte après trois ans d’existence. Causes : indéterminées.
Source : Dernières Nouvelles d’Alsace du samedi 15 février 03.
Dolly, la toute première brebis clonée est morte ; elle a été euthanasiée, six ans après sa naissance, car elle souffrait d’une maladie pulmonaire incurable. De plus, son vieillissement accéléré a été évoqué dès mai 1999. En effet, une étude avait montré que l’âge de ses chromosomes n’était pas de trois ans mais de neuf. A son âge effectif, il fallait ajouter celui de la brebis de six ans sur laquelle fut prélevée la cellule qui permit à Dolly de voir le jour…
Source : affiches informatives sur Strasbourg. Conférence des raëliens en date du samedi 22 mars 2003, 17h00. Lieu : Hôtel de France. Sujet : les extraterrestres créateurs de la vie sur Terre, via la technique du clonage bien sûr…
Source : Dernières Nouvelles d’Alsace du mercredi 26 février 03.
Un mandat d’amener a été délivré en janvier par un juge d’instruction de Versailles contre Gilles Carbonell, ancien président de l’Association raélienne d’Île-de-France suspecté d’ « agressions sexuelles sur mineur de 15 ans ». Cette instruction fait suite à une plainte de la fille de Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid.
Dominique Schall
Mis en ligne le 13/01/2004